BRVM: disruption of hierarchies in the classification of SGIs in 2020 and main lessons

In fiscal year 2020, the Regional Securities Exchange (BRVM) recorded a volume of transactions of 246 billion FCFA against 136 billion in 2019, an increase of more than 80% in an exceptional context marked by the Covid pandemic. 19. Despite a clear downward trend in the equity compartment, SGIs performed well, although the results show a certain upheaval in hierarchies.

In 2020, Société Générale Capital Securities West Africa leads the ranking by the value of transactions recorded. The Société Générale subsidiary carried out 128.4 billion FCFA in transactions, i.e. 26.08% of market share against 8.35% in 2019, driven, it is true, by a resolutely institutional portfolio in view of the number of transactions ( less than 10,000). CGF Bourse comes in second position with transactions valued at CFAF 70 billion or 14.22% of market share with a dynamism marked by the number of transactions of over 20,000. The independent SGI is closely followed by Ecobank Investment Corporation with a transaction volume of CFAF 67.7 billion, or 13.75% of the market share. In fourth position, the Tunisian MAC African achieves 35 billion FCFA in transactions, or 7.18% of the market share. The top 5 closes with Coris Bourse SA, credited with 31 billion FCFA or 6.33%. This top 5 thus totals 67.56% of transactions.

In sixth position, we find BOA Capital Securities with 30.5 billion FCFA or 6.21% of market share. In seventh position, Hudson & Cie which titillated the summits in the previous years, signed a volume of transactions of 29 billion FCFA or 5.92% of market share against … 15.83% on the 2020 ranking. in order, in 8th place, Bici Bourse (21.6 billion FCFA; 4.39% of market share), in 9th place, Atlantique Finance (16.5 billion FCFA; 3.35%) , in 10th place, Abco Bourse (16.2 billion FCFA; 3.3% market share). This top ten concentrates exactly 90.73% of transaction volumes.

Nécessaire consolidation

A l’inverse, les 20 SGI restantes réalisent moins de 10% des parts de marché avec là aussi beaucoup d’enseignements. De l’avis des analystes, l’écosystème des SGI ne fera pas l’économie d’une vague de consolidation justifiée par la montée inéluctable des charges d’investissement nécessaire pour la mise à niveau technique et règlementaire indispensable  pour la plateforme de la Bourse en ligne. De son côté, le régulateur doit revoir ses conditions d’octroi d’agrément afin de ne pas participer à l’éclatement de l’intermédiation, une activité essentielle dans le dynamisme du marché. La multiplication des SGI pousse la plupart d’entre elles à délaisser leur mission de base, la promotion du marché financier, pour d’autres activités connexes. Il est important de traduire les actions d’un plan stratégique  dés l’obtention d’un agrément d’exercice dans un secteur d’activités donné.

Du reste, la diversité des transactions autant sur le marché des actions que sur l’obligataire  fait que les positions ne sont pas définitivement acquises.  Par exemple, NSIA Finance, première lors du classement de 2015, avec un volume de 154,2 milliards de Franc CFA, se retrouve 19 ème dans le classement 2020 avec à peine 1,5 milliard de FCFA.  Il faudrait d’ailleurs pour une meilleure lecture des performances que le classement de la BRVM fasse la séparation entre les volumes exceptionnels engrangés lors des IPO et les volumes au jour le jour engrangés sur le marché secondaire, lequel ne connaît pas la même affluence d’un mois à l’autre.  La régularité des transactions d’une SGI est à prendre en compte.

Par exemple,  le mois de décembre 2020, avec un volume de transactions de  73 milliards de FCFA, a fait plus que le volume enregistré de janvier à juillet, ce qui laisse dénoter de l’ampleur des arbitrages des institutionnels en fin d’année.  Ce phénomène de window dressing   entraine également la flambée des cours dans cette dernière ligne de l’année.

La Sonatel reste la valeur phare de la BRVM avec un volume de transactions de 48,47 milliards de FCFA, soit un peu moins de 20% du global, devant la ligne obligataire Etat de Côte d’Ivoire « TPCI 6% 2018-2026 »  pour 29,6 milliards de FCFA soit 12% de la valeur des transactions. L’action Coris Bank International (CBIBF) intègre les valeurs du bon père de famille, en se positionnant en troisième position avec 13,99 milliards de FCFA de volume de transactions, soit 5,6% des parts de marché. Ecobank Côte d’Ivoire (ECOC) arrive en cinquième position avec un volume de 12,76 milliards de FCFA.

Indispensables réformes

La faible contrainte opposée aux émetteurs ne faisant pas leurs communications financières à temps ne permet pas parfois d’expliquer les hausses exponentielles enregistrées sur certaines valeurs qui ont résolument pris l’ascenseur en 2020.  De même, dans un marché qui aspire à la modernité, il semble que l’heure de la deuxième grande vague de réformes soit venue.  Ainsi, le système de cotation de la Bourse doit être corrélée au volume des ordres de manière à éviter toute manipulation de cours, notamment dans la dernière demie heure précédant la fermeture du marché. De plus, avec la cotation en continue, il serait important d’envisager de reconsidérer le cours du jour sur le bulletin officiel de la cote (BOC) en prenant le coût moyen pondéré de toute la séance de cotation et non le dernier cours de transaction comme c’est appliqué présentement.

En outre, au vu du dynamisme du marché obligataire, il serait grandement temps d’apporter des clarifications entre le compartiment obligataire de la BRVM et le marché monétaire par adjudication géré par l’agence UMOA-Titres.  La concurrence, la confusion actuelle entre l’adjudication et la syndication est-elle viable à long terme ?  Devrait-on fusionner le marché de la dette, du monétaire à l’obligataire et, dans le même temps,  inciter les OPCVM à sortir de leur zone de confort de la collecte de l’épargne des institutionnels pour aller vers l’épargne populaire des PME et particuliers afin de faire de la BRVM un instrument de plus grande inclusion ?

Du rôle des Etats 

L’année 2021 devrait à coup sûr être un moment d’un nouveau départ pour la place financière de l’UEMOA mais à condition que les Etats inscrivent celle-ci au rang des priorités.  La reprise des processus d’introduction en Bourse des compagnies publiques et des grandes sociétés privées à l’échelle des 8 pays de la région donnerait une impulsion décisive à la place d’Abidjan.  Outre que de telles introductions apportent de l’argent frais à l’Etat cessionnaire mais aussi, un supplément de gouvernance et de transparence, elles permettront aussi de donner plus de profondeur au marché et plus de visibilité pour attirer les investisseurs internationaux.   De même, le compartiment PME de la BRVM, qui ne connaît pas encore d’introduction à ce jour, doit, à notre sens, revoir sa structuration et ses conditions d’admission.   Cette deuxième famille de réformes devra casser le plafond de verre et permettre à la capitalisation boursière du marché des actions de la BRVM,  ramenée sur le plancher des 4 000 milliards de FCFA, de renouer avec un cycle de hausse.

Le marché financier sous régional a tellement de potentiel à éclore si toutes les parties prenantes jouent leur partition. A commencer par les Etats de l’Union (Côte d’Ivoire, Sénégal, Burkina, Mali, Bénin, Togo, Niger, Guinée Bissau) qui l’ont mis en place et la BCEAO qui en détient certains leviers. Au centre de l’écosystème, il y a la direction de la Bourse elle même, en charge de la promotion et des arbitrages indispensables et, bien entendu, les SGI qui structurent toutes les transactions tout en étant les intermédiaires exclusifs du marché secondaire (BRVM).

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